En compagnie de Mathilde, co-gérante du « Au Dé Botté » et ancienne étudiante en Communication à la HELHa de Tournai, découvrez l’histoire d’un café pas comme les autres, où jeux de société et convivialité se rencontrent pour créer un lieu unique.

Amandine Mynsberghe : Pouvez-vous nous parler de la genèse de ‘Au Dé Botté’ ? Qu’est-ce qui vous a inspiré à créer un café spécialisé dans les jeux d’adresse et de société ?

Mathilde : « Alors, pendant que j’étais en 3ième année de Communication à la HELHa de Tournai, mon compagnon cherchait à se réorienter. Il voulait devenir son propre patron, et l’univers du jeu lui plaisait déjà beaucoup. Nous avons constaté qu’il manquait un tel lieu à Tournai. Nous en avions vu dans d’autres villes, comme Lille, et nous nous sommes dit que ce serait une super idée ici. Cela diversifierait l’offre locale. C’est en promenant le chien, qu’il a vu le panneau « à vendre » sur les portes du  » Au Dé Botté ». Il a visité l’endroit pendant que j’étais en stage à l’ASBL de Carnaval. Il l’a acheté et nous avons démarré le projet en septembre 2018.

A.M : Comment décririez-vous l’ambiance de votre café ? Quel type d’expérience souhaitez-vous offrir à vos clients ?

Mathilde : « Il y a énormément de bars à Tournai, donc il fallait se différencier d’un café festif. Pour nous, le jeu est un moyen de créer du lien social et de faire de cet endroit un lieu intergénérationnel, ouvert à tous. Nous avons donc opté pour une ambiance bienveillante. Ce qui est génial, c’est qu’on a une clientèle variée : des jeunes actifs, des familles avec des enfants, des personnes âgées, des étudiants. L’unité de notre clientèle réside dans cette atmosphère bienveillante et familiale. Les gens viennent ici parce qu’ils s’y sentent bien. »

A.M : Quels types de jeux proposez-vous ici ? Quels sont vos jeux les plus populaires ou les plus appréciés par vos clients ?

Mathilde : « On a une grande variété de jeux de société. Au début, on a dû en enlever certains à cause du bruit ou du manque de place. Parmi les jeux les plus populaires, on trouve des classiques comme SkyjoDubbles, les jeux d’échecs, le Scrabble… Et puis, on a aussi des jeux en bois, des jeux d’adresse à l’extérieur, comme la pétanque avec des boules en mousse. À l’intérieur, le jeu de fer est un véritable point fort. C’est un jeu local de Tournai, qui mélange pétanque et billard, et qui a un grand attrait touristique. Il est en passe de devenir un patrimoine immatériel de l’Escaut. Ce jeu est extrêmement populaire ici, et on le propose aussi aux groupes de touristes, en collaboration avec l’Office du tourisme. D’ailleurs, nous proposons aussi des bières locales, venant d’une heure autour de Tournai, pour immerger encore plus nos clients dans l’univers local. »

A.M : Est-ce que vous organisez des événements spéciaux, des tournois ou des soirées thématiques autour des jeux ?

Mathilde : « Oui, au début, on avait essayé d’organiser des événements réguliers, comme des soirées autour de jeux moins connus. Mais cela ne marchait pas trop, car les gens n’étaient pas toujours disponibles. Finalement, on a laissé les clubs de jeux s’organiser eux-mêmes. On a quelques clubs réguliers qui viennent, comme des groupes d’échecs ou de jeux de rôle, et ils réservent une table pour leurs sessions. Cet été, nous allons aussi organiser un événement, le Tournai Spinleder, un jeu de rôle local, qui aura sa deuxième édition après un premier succès l’année dernière. Il y a aussi des événements organisés par la ville, comme la fête de la musique, le marché des créateurs où nous soutenons les musiciens locaux en leur offrant des boissons. Et bien sûr, le plus grand événement reste l’anniversaire du café, chaque 15 septembre, qui est un moment incontournable pour nous. »

A.M : Avez-vous des anecdotes amusantes ou mémorables qui se sont déroulées dans le café, liées aux jeux ou à l’ambiance générale ?

Mathilde : « Une des anecdotes qui m’a marquée, c’est un moment où j’ai regardé autour de moi et j’ai vu toutes les tables remplies, mais il n’y avait pas de commande en cours, tout le monde riait. À ce moment-là, je me suis dit : ‘C’est bon, on a réussi.’ Ça a été un vrai moment de satisfaction. 

Une autre anecdote touchante : ma grand-mère, qui est maintenant décédée, avait tenu un bar dans les Flandres françaises. C’était parfois difficile pour elle de communiquer avec ses arrière-petites-filles. Un jour, elles sont venues au café, et je les ai vues jouer ensemble à Pikomino. Elles riaient toutes ensemble, et ça m’a vraiment fait plaisir de voir cette complicité. Le jeu crée vraiment du lien, parfois de manière inattendue. On dit qu’on connaît mieux une personne en une heure de jeu qu’en une année de vie, et je trouve ça vrai. »

A.M : Quels projets futurs avez-vous pour ‘Au Dé Botté’ ?

Mathilde : « Nous avons en tête d’ouvrir un autre café, en développant des aspects qu’on n’a pas encore ici. Mon compagnon est un entrepreneur pur jus, moi j’aime bien ma routine et je tiens à garder ce qui marche. On souhaite peut-être plus développer le côté festif, proposer des Afterworks, un coin billard ou fléchettes, et peut-être ajouter un peu plus de restauration. Nous avons aussi pensé à l’agrandissement du lieu, mais on veut surtout garder l’âme de ce qui fait le succès du café. »